Lors du scrutin de dimanche dernier, le taux d'abstention à Château-Thierry s'est révélé plus fort que la moyenne nationale (47,54 % contre 36,45 %), le nombre de bulletins blancs ou nuls s'élevant quant à lui à 3, 93%. La liste du maire sortant avec 3000 voix ( 3164 en 2008) obtient donc le soutien de 31,27 % des électeurs de Château-Thierry. Il semble donc que le "plébiscite" applaudi par certains soit très relatif malgré les méthodes employées pour discréditer les listes adverses. Un tract distribué au dernier moment pour éviter toute possibilité de réponse utilise des arguments inqualifiables et insultants pour la liste FDG.

Passons rapidement sur le côté risible de la liste "nostalgique" et du mauvais procès à propos des documents de campagne (outre la mauvaise foi d'une lecture partisane, comparons les budgets de chacun...). Relevons l'humour involontaire de celui qui dénonce les "ambitions personnelles" de certains car, comme l'écrit l'Union du 25 mars 2014, il "n'est plus un petit nouveau sur la scène politique axonaise" et plus de 30 années d'une carrière politique réussie (et sans doute inachevée... ministère, Sénat...?) pourraient être un exemple à suivre pour qui voudrait réellement affirmer ses ambitions (mais dans ce cas, la constance de nos candidats dans leur engagement au PCF et au FDG ne paraît pas être un bon point de départ...).

En revanche, on ne peut laisser passer le passage concernant "des extrêmes qui s'opposent à tout, qui exploitent les difficultés économiques et le pessimisme. Ils sont les artisans de la haine de l'autre", discours qui ressemble étrangement à celui de J.F. Copé... Non l'amalgame entre le FN et le FDG n'est pas acceptable, il est injurieux. Et s'il fallait des preuves de nos différences (!), il suffirait de jeter un coup d'oeil au torchon d'extrême-droite distribué à Château-Thierry entre les 2 tours (sic) avec, entre autres horreurs, une attaque contre certains livres de la médiathèque ou les subventions accordées à des compagnies telles que Les Mélangeurs ou L'Echangeur qui diffuseraient une "prétendue culture". Cela rejoint le projet du chef de file local de ce mouvement qui proclame qu'"il faut arrêter de donner aux associations comme la Ligue des Droits de l'Homme ou le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples" (L'Union, 9 mars 2014). Ce programme s'attaquant aux milieux associatifs et culturels est d'ailleurs déjà mis en oeuvre à Hénin-Beaumont où la Ligue des Droits de l'Homme va devoir rendre les clés du local dont elle disposait et où le Secours Populaire voit son action menacée (L'Humanité, 26 mars 2014). Elle est bien là, la haine de l'autre et certainement pas dans notre camp, dans notre programme "L'Humain d'abord", dans notre attachement aux valeurs humaines, démocratiques, culturelles...

Profondément choquée par ces propos, je suis effectivement "nostalgique" d'une époque où l'on pouvait, entre "gens de gauche" (?) avoir des divergences et des discussions politiques sans se faire traîner dans la boue.

Mireille Ausécache