Monique Pinçon-Charlot, qui pourtant les connait bien (cf. "La violence des riches", 2013), se dit éberluée par le spectace auquel elle a assisté lundi dernier à la Faculté Paris- Dauphine: "en 30 ans d'enquête sur les ultra-riches, elle n'avait jamais vu une telle haine de classe s'exprimer aussi librement". La Faculté, qui est loin d'être un repère de gauchistes, accueillait une réunion d'information organisée par la Mairie et la Préfecture de Paris, à la demande des riverains. Cette réunion portant sur le projet d'installation d'un hébergement d'urgence de 200 personnes dans le bois de Boulogne a tourné court au bout de 20 mn tant était grande la violence des personnes présentes. Sifflets, insultes, quolibets dès le début de la réunion. Le ton montre très vite, la préfète traitée de "salope" n'arrive plus à parler. Le maire du XVIe arrondissement, Claude Goasgen, fidèle à sa violence coûtumière dès qu'il est question de logement social, jette de l'huile sur le feu rendant toute présentation sérieuse du  projet impossible. Au bout de 20 mn, le Président de Paris-Dauphine, lui-même objet d'insultes, met fin à la rencontre. Cette fronde des nantis de la capitale était bien préparée par une campagne de rumeurs et de fausses informations comme en témoignent le projet et la caricature qui en est faite sur l'affiche appelant à cette manifestation de rejet des pauvres.

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Le projet prévoit la construction d'un petit bâtiment dans une allée à l'écart de toute autre construction, pas du tout ce que prétend dénoncer l'affiche. Dans cet arrondissement très chic et très cher de Paris, les pauvres ne sont pas les bienvenus, on veut rester dans cet entre-soi caractéristique de ce milieu de dominants si bien décrit par les sociologues Pinson-Charlot: on n'y compte que 18 places d'hébergement d'urgence contre plus de 1000 dans d'autres arrondissements de Paris. Les SDF qui meurent dans la rue chaque année, cela ne les concerne pas, c'est l'affaire des autres.. 200 pauvres chez nous, quelle horreur! hurlent tous ces gens si bien élévés, si propres sur eux qui bafouent les notions d'égalité et de fraternité mais aussi de démocratie. Rappelons que c'est également dans ce "beau quartier" que l'on malmène les personnes et que l'on détruit les installations du Cirque Romanès qui n'est pas non plus le bienvenu. Un chroniqueur de France Inter se demandait où sont les pires "racailles": dans le 9-3 ou dans le XVIe arrondissement...

Mireille Ausécache