Ainsi le FN et madame Le Pen font tellement partie du paysage politique français que leurs scores électoraux font moins réagir maintenant qu'une défaite au foot ou aux jeux olympiques...

Or, la comparaison 2002-2017 montre bien qu'il y a le feu au lac, la "dédiabolisation" a fonctionné avec succès et la carte des départements tombés dans l'escarcelle de l'extrême droite fait frémir. Nous sommes aux premières loges, n'en déplaise aux amis parisiens qui observent cela de loin (l'extrême droite est quasi inexistante à Paris) et nous disent "qu'elle n'a aucune chance d'être élue!". De plus, renvoyer dos à dos les deux candidats,  "la peste ou le choléra" me paraît être une vue de l'esprit bien étonnante: comment confondre  le projet FN avec quoi que ce soit d'autre en termes de danger pour les libertés et le "vivre ensemble"?

Le bulletin Macron que je déposerai le 7 mai aura cette signification et ne sera en aucun cas un vote d'ahésion à un programme qu'il nous faudra évidemment combattre. En cas de victoire du FN, il faudra aussi être dans la rue mais qui peut vraiment croire que cela se passera dans les mêmes conditions ...? Pour reprendre les paroles de Yannick Jadot (L'Union, 29 avril 2017, p. 5): "Est-ce qu'on imagine demain la France gouvernée par Bruno Gollnisch aux Affaires étrangères? Par Marion-Maréchal-Le Pen en charge des droits ou des non-droits des femmes? Par Robert Ménard à la liberté de la presse?"Sur ce dernier point le FN donne déjà un avant-goût de ses pratiques à venir en cas de victoire en sélectionnant les médias "autorisés" à faire leur travail d'information lors de ses meetings.

Evitons le pire comme auraient pu le faire les électeurs américains!

Mireille Ausécache

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